Préparer l’oral du brevet peut être un défi pour les élèves de 3e, notamment lorsqu’il s’agit d’organiser leurs idées et de concevoir un support clair. Structurer ses idées, synthétiser des informations et s’exprimer devant un jury mobilisent de nombreuses compétences.
La Conception universelle de l’apprentissage (CUA) propose justement de diversifier les supports et les modalités d’apprentissage pour répondre aux besoins de tous les élèves. Utilisé avec discernement, l’outil d’IA Gamma peut devenir un levier intéressant pour accompagner cette préparation.
La CUA, une approche pour tous les élèves
La CUA est un modèle pédagogique qui vise à concevoir des situations d’apprentissage accessibles à tous les élèves dès le départ, plutôt que d’ajouter des adaptations a posteriori.
Dans le cadre de l’oral du brevet, ces principes prennent tout leur sens. Certains élèves rencontrent en effet des difficultés à structurer leurs idées ou à synthétiser leurs connaissances. Les supports visuels peuvent alors jouer un rôle important dans l’organisation de la pensée et dans la préparation de la prise de parole.
Les outils numériques peuvent contribuer à cette démarche lorsqu’ils sont utilisés comme supports d’apprentissage. L’objectif n’est pas de déléguer le travail intellectuel à la technologie, mais d’offrir aux élèves des outils qui facilitent la structuration et la compréhension.
Apprendre à synthétiser pour mieux s'exprimer
On peut commencer par demander aux élèves de préparer un premier plan sur papier, avant toute utilisation de l’outil numérique. Cette étape est importante : elle permet aux élèves de réfléchir à leur sujet et d’organiser leurs idées par eux-mêmes.
Le plan peut s’appuyer sur quelques grandes questions, mais il doit aussi s’adapter au type de projet présenté lors de l’oral du brevet.
L’objectif n’est pas d’imposer un plan unique, mais d’aider les élèves à structurer leur propos en fonction du sujet traité.
Une fois ce premier travail réalisé, les élèves peuvent utiliser Gamma pour transformer ce plan en support visuel de présentation. Ils saisissent leurs idées principales dans l’outil afin de générer une première structure de diapositives.
Nous l'avons dit, l’intérêt pédagogique de cette activité n'est pas dans la génération automatique d’un support, mais dans la comparaison entre le plan initial de l’élève et la structure proposée par l’outil. Les élèves peuvent alors se poser plusieurs questions :
- Le plan généré correspond-il à leurs idées ?
- Certaines parties sont-elles plus claires ou mieux organisées ?
- Au contraire, certaines propositions sont-elles trop générales ou éloignées du projet présenté ?
Cette activité mobilise plusieurs compétences du socle commun : la maîtrise de l’expression orale (domaine 1), l’organisation du travail et l’usage raisonné des outils numériques (domaine 2), ainsi que le développement de l’esprit critique face aux technologies (domaine 3).
Comparer les propositions de l’IA pour développer l’esprit critique
Une fois leur support construit, il peut être intéressant d’aller plus loin en utilisant l’outil d’IA comme un support d’analyse et de réflexion. Plutôt que de considérer la première proposition générée comme définitive, on peut demander aux élèves de comparer plusieurs résultats produits par l’IA.
En reformulant leur demande ou en modifiant légèrement leur consigne, ils obtiennent souvent des structures différentes pour leur présentation. Pour guider les élèves dans cette démarche, proposer de comparer les différentes propositions générées avec quelques questions simples :
- Quelle version du plan correspond le mieux à mon projet ?
- Quelle proposition est la plus claire pour quelqu’un qui ne connaît pas mon sujet ?
- Certaines parties sont-elles mieux organisées ou plus détaillées dans une version que dans l’autre ?
- Y a-t-il des éléments importants dans mon plan initial qui ont disparu dans la proposition de l’IA ?
- Au contraire, certaines idées proposées par l’outil peuvent-elles améliorer mon exposé ?
Ces questions permettent aux élèves de comparer, analyser et sélectionner les éléments les plus pertinents pour construire leur propre support. Ils comprennent ainsi que les propositions de l’IA ne constituent pas une réponse définitive, mais plutôt des pistes de travail qu’il faut examiner, ajuster et parfois, voir souvent, corriger.
Aurélie Levionnois, professeure spécialisé en collège depuis 2021
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