La dernière période c’est un peu mon “boss final” de l’année scolaire… sauf que je n’ai plus de vie, d’énergie et que le jeu bugue une fois sur deux à cause des jours fériés.
- Les élèves sont déjà partis en vacances (uniquement mentalement !).
- Les projets motivants de début d’année ont pris fin lors de la période précédente.
Bref, chaque année, je me surprends (pas du tout) à avoir cette pensée :
“OK… là il faut survivre à cette période, et ensuite, VACANCES !"
Et puis, au bout de presque 10 ans d’enseignement, j’en ai eu assez de subir cette dernière ligne droite. J’ai eu envie de la vivre autrement, pleinement. Alors, j’ai commencé à tester, ajuster, bricoler des petites tactiques pédagogiques adaptées à ce moment si particulier de l’année.
Petit à petit, quelque chose a changé : les élèves se remobilisent différemment, autrement, mais réellement. Et moi, je redécouvre presque avec émerveillement cette période que je redoutais tant. Comme quoi, même le “boss final” peut réserver de bonnes surprises.
Alors bien sûr, ce que je vais te proposer ici n’aura rien de miraculeux. Il n’y a pas de recette magique qui fonctionne à tous les coups. Mais c’est en faisant quelques ajustements qu’on enclenche le changement !
1) Motiver les élèves autrement
Quand la motivation scolaire baisse, il faut trouver d’autres leviers qui peuvent prendre le relais :
- faire des activités plus concrètes, faire jouer les élèves et proposer davantage d’oraux (par exemple, mettre en place des rituels de début d’heure) ;
- proposer des défis inter-classes (par exemple mettre en place un concours de géographie, d’orthographe à chaque début de séance) ;
- et faire des travaux collaboratifs.
Ce qui change ? On ne cherche plus uniquement à avancer le programme mais à redonner du sens à l’engagement.
Moi, ce que je préfère, c’est inclure le jeu dans mes pratiques : cela permet de réengager des élèves décrocheurs en instaurant un cadre moins formel tout en travaillant les notions. Quand l’attention baisse, le jeu capte immédiatement l’attention.
Il donne de suite aux élèves l’envie de s’impliquer (avec pour objectif de gagner la plupart du temps!), ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en réalité dans le travail. Il remet les élèves en action : le jeu oblige les élèves à réfléchir, manipuler et à prendre des décisions.
L’élève devient donc un acteur et plus un spectateur de ta séance. Les notions sont mieux comprises et retenues. Le jeu permet de continuer à apprendre, sans alourdir le climat de classe.
Mettre les élèves en activité à l’aide d’outils plus ludiques ne te fait pas perdre de temps, bien au contraire : les élèves sont plus dynamiques, tes séances retrouvent du sens et les notions s’ancrent plus facilement. Ce n’est pas un temps de pause dans les apprentissages mais une autre manière d’apprendre.
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2) Donner de la place aux projets
Pour moi, les projets sont bien plus qu’un simple travail à rendre : ce sont des leviers de motivation, de remobilisation et de cohésion de classe. Faire travailler tous les élèves autour d’un même projet est un atout essentiel pour installer un climat de classe serein et engagé.
Je me suis donc dit qu’il était important, même en fin d’année, de continuer à faire vivre cette logique de projet. Mais autrement. À cette période, il ne s’agit plus de lancer de grandes réalisations mais de proposer des projets courts, visibles et concrets.
3) Se remobiliser toi aussi !
La vraie question est : comment tenir autrement ? La réponse est finalement assez simple… sur le papier en tout cas : en se préservant. En prenant le temps de réfléchir à ses besoins, à ses limites, et à ce qui nous fait du bien dans ce métier.
Se recentrer sur moi-même, mes envies, mes objectifs m’a permis de mieux vivre cette période que je subissais auparavant. Et, paradoxalement, c’est en ralentissant un peu que j’ai réussi à recharger mes batteries autrement, et à retrouver une énergie plus stable pour mes élèves… et pour moi aussi !
Le premier conseil que je peux te donner est tout simplement d’arrêter de vouloir en faire trop. Faire simple et l’assumer c’est te préserver. Inutile de jouer les pédagogues révolutionnaires !
En fin d’année, la vraie compétence pédagogique, ce n’est pas de tout révolutionner… c’est de faire en sorte que la classe tourne pendant que le cerveau recharge en mode économie d’énergie !
Le vrai “boss final”, ce n’est plus la fin d’année… c’est toi : ta capacité à te préserver, à t’adapter et à transformer cette période exigeante en un temps encore vivant, dynamique et motivant pour tes élèves comme pour toi !
Juliette Gourmelon, professeure en HG-EMC depuis 2016, référente pHare, epsA et E3D