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5 activités ludiques pour la fin d’année en élémentaire

Cycle 2 à 33 min
Elodie Parmentier
Elodie ParmentierProfesseur des écoles depuis 2013, Instagram @differencier_au_quotidien_

En début de carrière, j’étais vraiment dans l’idée de “bien faire” : finir le programme, ne rien oublier, tout voir avant la fin de l’année… quitte à forcer un peu (beaucoup) en juin. Avec le recul, je me rends compte que j’étais surtout dans une logique de cases à cocher. 

Et puis, au fur et à mesure des années, j’ai vu que ça ne fonctionnait pas. Alors j’ai changé un peu ma façon de faire : j’ai commencé à ralentir, à reprendre ce qu’on avait déjà vu, mais autrement, et à accepter que cette période serve aussi à passer de bons moments avec eux.

Aujourd’hui, c’est ce que je privilégie en fin d'année, c'est consolider, faire autrement, et garder des élèves engagés jusqu’au bout. Je vous partage ici 5 activités que j’utilise en fin d’année, simples à mettre en place et qui fonctionnent vraiment bien en classe.

1) Organiser un parcours de révision en ateliers tournants

À mes débuts dans l’enseignement, je faisais mes séances de révision comme des séances normales. Je préparais bien, je reprenais les notions… et malgré ça, ça ne prenait pas. Les élèves décrochaient vite, surtout en juin ! 

Le jour où j’ai testé les ateliers tournants, avec des jeux qu’ils connaissaient déjà, j’ai vu que les élèves étaient dedans, sans que j’aie besoin de relancer sans arrêt.

Les ateliers tournants, c’est juste une autre façon de faire réviser : tu gardes les notions que tu veux travailler, mais tu passes par plusieurs petits temps courts au lieu d’un seul moment collectif.

J’aime beaucoup car ils connaissent les règles, ils savent ce qu’on attend d’eux, donc ils se mettent rapidement au travail. Ça évite les longues explications et ça les rassure.

ce que je fais en classe

Chaque atelier correspond à quelque chose de connu : calcul, lecture, grammaire… souvent c’est un jeu déjà utilisé dans l’année. Et c’est ça qui change tout : les élèves choisissent parmi deux propositions de jeux. 

  • Tu installes 3 ou 4 espaces (une table = un atelier), avec du matériel prêt.
  • Les élèves sont en petits groupes et démarrent chacun à un atelier.
  • Tu lances un minuteur (10-15 minutes) et tu fais tourner les groupes au signal, sans réexpliquer à chaque fois.

Pourquoi ça consolide les acquis ?

Parce qu’ils revoient des choses déjà travaillées plusieurs fois, sous des formes différentes. Ils manipulent, échangent, s’entraînent… sans avoir l’impression de refaire toujours la même chose. Et surtout, ils restent actifs. 

J’aime beaucoup car ils connaissent les règles, ils savent ce qu’on attend d’eux, donc ils se mettent rapidement au travail. Ça évite les longues explications et ça les rassure. C’est simple à gérer, même quand on débute, et ça permet de garder une classe engagée sans s’épuiser.

Tu te demandes peut-être si tu as de quoi te lancer ?

  • Commence par faire le point sur toutes les activités ludiques que tu as mises en place cette année
  • Repère celles qui correspondent aux notions que tu veux consolider
  • Et là, tu verras que tu as déjà largement de quoi construire tes ateliers.

2) Transformer les révisions en quiz interactif

“Maîtresse, on peut refaire les quiz sur l’ardoise ?” 

C'est une question que j’entends souvent en fin d’année. Alors que ce n’est pas vraiment un jeu… juste des questions posées à l’oral. Mais pour eux, le fait de répondre vite, tous en même temps, ça change tout.

Le quiz interactif permet d’enchaîner des questions courtes sur des notions déjà vues avec une réponse immédiate des élèves. Pas d’exercices longs écrits, pas de fiches photocopiées : on va vraiment à l’essentiel !

Ce qui fonctionne bien, c’est le rythme : les questions s’enchaînent vite, les élèves répondent tous en même temps. On corrige tout de suite et on passe à la suivante !

Ça évite les temps morts et ça maintient tout le monde actif. L’ardoise joue un rôle important. Elle permet de répondre sans pression, d’essayer, d’effacer, de recommencer. Même les élèves discrets participent davantage.

comment faire en classe ?

  • Prépare sur Canva, Kahoot!, Wooclap ou Quizinière une dizaine de questions courtes à partir de notions déjà vues (calcul, grammaire, lecture).
  • Varie les formats : une réponse à écrire, un mot à trouver, une phrase à analyser, un calcul à résoudre, un problème, etc.
  • Prévois un ordre simple, du plus facile au plus difficile pour garder les élèves en réussite.

3 remédiations pour les élèves en difficulté

On les repère très vite dans ce format. Certains hésitent, ne répondent pas, ou se trompent régulièrement.

1) La veille ou quelques heures plus tôt, je peux proposer un court temps pendant lequel on construit ou on recherche dans les cahiers ensemble un outil d’aide (carte mentale, affichage simple, photo de manipulation). Ils l’ont ensuite avec eux pendant le quiz, ce qui les rassure et leur permet d’entrer dans l’activité.

2) Pendant le quiz, je commence toujours par des questions très accessibles pour les mettre en réussite, et je valorise toutes les tentatives, même incomplètes.

3) Je peux aussi proposer de répondre à l’oral, ou de travailler en binôme sur certaines questions. L’idée, c’est qu’ils participent, sans se sentir en échec, et qu’ils reprennent confiance petit à petit.

Pourquoi ça consolide ?

Parce que les élèves revoient plusieurs fois les mêmes notions, sans s’en rendre compte. Ils cherchent, vérifient, corrigent, et recommencent. C’est rapide, efficace, et ça reste accessible même entre deux répétitions pour le spectacle  de fin d’année.

Tu te demandes si ça va fonctionner dans ta classe…

  • Repère une notion déjà travaillée que tes élèves maîtrisent plus ou moins
  • Note 5 à 10 questions simples que tu pourrais poser à l’oral, sans tout préparer. 
  • Teste une première fois… et tu verras vite ce qui fonctionne dans ta classe !

3) Utiliser les jeux de société pour réviser

Les jeux de société sont une autre manière de faire réviser sans passer par des exercices classiques. On peut utiliser des jeux connus par les élèves, mais pas seulement. Il faut garder en tête que le jeu doit mobiliser des compétences vues dans l’année : calculer, lire, comprendre, justifier.

Certains jeux le permettent, d’autres doivent être légèrement adaptés. Mais même sans transformation, beaucoup de jeux permettent déjà de travailler des automatismes ou de faire réfléchir (surtout en mathématiques)

les jeux que j'utilise

  • En mathématiques, j’utilise des jeux comme Pickomino, Le Trio, MathSumo, Skyjo ou Calculodingo pour travailler le calcul, les stratégies et les automatismes.
  • On peut aussi s’appuyer sur d’autres jeux du commerce comme 6 qui prend !, Qwirkle ou Rush Hour, qui permettent de faire réfléchir autrement. 
  • En français,je propose souvent un Petit Bac ou le Tic-tac boum pour travailler le vocabulaire et/ou les classes de mots . Dixit, ou speech pour l’expression orale.

Pourquoi ça consolide ?

Parce que les élèves réutilisent ce qu’ils savent dans des situations différentes, sans avoir l’impression de refaire un exercice. Ils manipulent, ils parlent, ils testent… et ça permet d’ancrer les notions de manière plus durable.

Le fait de jouer rend les élèves plus actifs, plus concentrés et donc plus engagés. Cela permet d’échanger entre eux, de s’entraider et de se corriger. Ils verbalisent davantage  que dans une séance classique (notamment lorsqu’ils jouent en équipe).

y'a plus qu'à se lancer !

  • Va faire un tour sur des blogs ou padlet de professeurs passionnés de jeux (Maitrevandekamp, la Team Ludens).
  • Fais la liste des notions que tu as déjà travaillées cette année
  • Et là, tu verras que tu as déjà plein d’idées de jeux à proposer en classe

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4) Organiser un jeu des 7 erreurs collectif

Le jeu des erreurs consiste à partir d’un support volontairement faux : une phrase, un texte court, un calcul… afin de demander aux élèves de repérer ce qui ne va pas.

On peut jouer sur plusieurs choses : les accords, la conjugaison, le sens, les stratégies de calcul et pourquoi pas en histoire, géographie, sciences… L’idée, ce n’est pas de piéger mais de plutôt faire réfléchir. Cela favorise l’attention et l’analyse. 

Ils ne sont plus juste en train de produire, ils doivent vérifier, comparer avec ce qu’ils savent, argumenter. On peut le faire à l’oral, sur ardoise ou en collectif. Et ça fonctionne bien parce que les élèves aiment chercher “ce qui ne va pas”.

comment je mène la séance

  • Je commence par une consigne simple : “Il y a des erreurs dans cette phrase. À vous de les trouver et de m’expliquer pourquoi.”
  • Au début, certains élèves répondent vite, d’autres restent bloqués. Je prends donc le temps de guider avec des questions : “Qu’est-ce qui te gêne dans cette phrase ?” “Est-ce que ça sonne juste quand tu la lis ?” “À quoi tu penses pour vérifier ?” “Quelle règle tu utilises ?”
  • Quand un élève propose une correction, je relance : “Tu peux expliquer comment tu sais ?”, “Qui est d’accord ? Qui ne l’est pas ? Pourquoi ?”
  • Et si personne ne trouve, je guide davantage : “Regarde le sujet… et le verbe… est-ce qu’ils vont ensemble ?”
  • L’idée, c’est de ne pas donner la réponse tout de suite, mais d’amener les élèves à réfléchir et à justifier.

Et pour les élèves en difficulté ?

Je réduis le nombre d’erreurs, je cible une seule notion à la fois et je les accompagne davantage à l’oral pour les aider à entrer dans la recherche.

Pourquoi ça consolide ?

Parce que les élèves mobilisent leurs connaissances: ils utilisent une règle pour repérer une erreur.

y'a plus qu'à se lancer !

  • Commence simplement avec une phrase courte dans laquelle tu glisses 2 ou 3 erreurs (pas besoin de préparer quelque chose de compliqué).
  • Teste une première séance à l’oral, tous ensemble, pour voir comment réagissent tes élèves.
  • Tu peux aussi créer un faux cahier d’élève avec 7 erreurs à projeter sur Éducajou.

5) Donner la parole au “petit prof”

Au début, je ne prêtais pas forcément attention au ““Madame!!!!! je peux aider ?”  et j’envoyais les élèves lire dans la bibliothèque. Et puis je me suis rendu compte que certains élèves, à force de réussir un exercice plusieurs fois, étaient largement capables de m’expliquer leur démarche. Alors j’ai testé: je leur ai laissé une place pour aider les autres. Ils sont devenus “les petits profs”

Le principe est simple : un élève qui a bien compris une notion et qui sait expliquer comment il fait devient un “petit prof” pendant un temps court. 

Concrètement, il ne donne pas la réponse. Il aide en posant des questions, en reformulant la méthode, en montrant comment réfléchir … Ça demande un peu de cadre surtout au début, mais ça fonctionne vraiment bien.

comment je cadre l'activité ?

  • Je télécharge les badges “petit prof” ici. Je repère un petit groupe d'élèves qui réussit régulièrement dans la compétence choisie. 
  • Je lui donne-lui un rôle clair : aider en questionnant, sans donner la réponse et laisse-le accompagner un ou deux élèves sur un temps court.
  • Je prends toujours un temps pour expliciter clairement ce que j’attends. Je leur dis par exemple : “Ton rôle, ce n’est pas de donner la réponse.”, “Tu dois aider ton camarade à réfléchir.”, “Si tu donnes la réponse, tu aides moins.”
  • Je leur propose aussi des phrases qu’ils peuvent utiliser : “Qu’est-ce qui te pose problème ?” “Tu peux me montrer comment tu as fait ?” “Est-ce que tu peux essayer autrement ?” “À quoi ça te fait penser ?”
  • Et je valorise quand ils sont dans cette posture : “Là, tu l’as vraiment aidé à réfléchir.” Si besoin, je régule : “Attention, on n’aide pas en donnant la réponse.”

Pourquoi ça consolide ?

  • Pour l’élève “petit prof”, cela travaille la métacognition : il consolide ses acquis et prend confiance
  • Pour l’élève aidé, c’est souvent plus facile de poser des questions à un camarade. Il découvre d’autres façons de faire et avance à son rythme.

 

Et au final, ça installe une vraie dynamique de classe : les élèves apprennent ensemble, pas seulement avec l’enseignant.

y'a plus qu'à se lancer !

  • Repère un ou deux élèves qui réussissent régulièrement une même tâche et qui sont capables d’expliquer ce qu’ils font.
  • Présente clairement le rôle à la classe et teste sur un temps court avec un élève volontaire.
  • Teste, ajuste… et tu verras que ça prend assez vite, même avec une classe imparfaite.

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En fin d’année, il peut être tentant de multiplier les activités. Pourtant, ce qui fonctionne le mieux, c’est vraiment de réutiliser des formats connus avec des contenus différents. L’objectif n’est pas d’aller plus loin, mais de consolider ce qui est déjà là.

 

Élodie Parmentier, professeure des écoles depuis 2013  @differencier_au_quotidien

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