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5 conseils pour prendre soin de soi et mieux terminer l’année

Cycle 1 à Lycée3 min
Valérie Armand
Valérie ArmandEnseignante spécialisée

Il y a quelques années, en fin d’année scolaire, je me suis surprise à compter les jours… non pas avec enthousiasme, mais avec fatigue. En classe, comme beaucoup de profs, je faisais de mon mieux pour accompagner mes élèves jusqu’au bout, tout en sentant que mon énergie diminuait. 

Et bien sûr, je tombais malade au début des vacances scolaires tant la charge de fin d’année avait été lourde….C’est à ce moment-là que j’ai commencé à chercher des façons simples de prendre soin de moi, sans alourdir mon quotidien. Pas des solutions idéales ou parfaites, mais des ajustements concrets, applicables en classe, même dans un dispositif ULIS où les besoins sont nombreux.

Dans cet article, je propose 5 pistes faciles à mettre en place en fin d’année, pour prendre soin de soi tout en continuant à accompagner ses élèves. Des idées accessibles, adaptables à différents niveaux, pour terminer l’année avec un peu plus de sérénité.

1) Alléger ses exigences pour se recentrer sur l’essentiel

Pendant longtemps, en fin d’année, je m’accrochais à tout : finir chaque séquence, boucler chaque projet, tenir le rythme “comme d’habitude”. Et puis un jour, en ULIS, j’ai vu mes élèves décrocher… et moi avec. J’étais fatiguée, eux aussi.

Ce jour-là, j’ai compris que vouloir tout maintenir à l’identique n’aidait personne. C’est en acceptant de faire moins, mais mieux, que j’ai commencé à retrouver un peu de souffle en classe !

Comment recentrer ses priorités ?

  • Identifier l’essentiel
    • Qu’est-ce qui compte vraiment dans les dernières semaines ? Réinvestir, consolider, valoriser… plutôt que tout terminer à tout prix ? 
    • Qu’est-ce que j’aimerais vraiment que mes élèves retiennent de cette année ? Cela peut être une compétence, une attitude, un progrès. 
    • Ce petit tri permet de clarifier nos priorités en cette fin d’année sans se perdre dans ce qui reste à faire. Il n’y a pas de bon sens universel. L’essentiel reste ce qui fait sens pour nous et pour votre classe.
  • Accepter de ne pas tout finir : certaines activités peuvent être raccourcies, adaptées, voire mises de côté sans culpabilité.
  • Alléger les journées : prévoir des temps plus souples, des activités plus calmes ou ritualisées, des séances classes en extérieur. En ULIS notamment, ce recentrage permet de sécuriser les élèves et de préserver un climat plus apaisé.

Si tu es en élémentaire, cette fiche-outil peut t'aider à prioriser ta programmation de fin d'année :

Faire des choix pour programmer raisonnablement sa dernière période

Fiche outil

Cycle 2 à 3

La liste de tout ce qu’on aurait à faire est interminable. Pourtant la réalité est là : tout ne rentrera pas. On ne pourra ni rattraper le retard accumulé lors des périodes précédentes, ni faire tout …

3 petits pas pour se mettre en action

1. Faire un état des lieux. Pense à ta fin d’année: comment te sens-tu aujourd’hui dans ta classe ? Fatigué(e), sous pression, apaisé(e)? Accueille simplement ce qui est là.

 

2. Clarifier son cap. Note 2 ou 3 mots qui décrivent ce que tu aimerais vivre dans cette dernière période: calme, plaisir, légèreté…. Pour ma part, je me note un adjectif par semaine dans mon cahier journal et cela m’aide beaucoup !

 

3. Ajuster en conséquence. Choisis une première action cohérente avec ce cap: alléger une séance, ralentir le rythme, simplifier une activité…. Un petit ajustement suffit parfois à transformer la fin d’année !

2) Installer des micro-rituels apaisants au quotidien 

Il y a une fin d’année où je sentais que tout devenait plus tendu en classe : les élèves étaient agités, moi plus impatiente, et les journées semblaient longues pour tout le monde. Un matin, un peu sur un coup de tête, j’ai proposé simplement une minute de respiration avant de commencer. 

Rien de compliqué… mais l’ambiance a changé. Pas miraculeusement, mais suffisamment pour que je me dise : “ok, ça vaut le coup”. C’est comme ça que j’ai commencé à installer de petits rituels, sans pression.

Pas besoin de grands changements pour prendre soin de soi en classe. Les micro-rituels sont 

de petits moments simples, faciles à mettre en place, qui permettent de relâcher la pression, pour vous comme pour les élèves. L’idée n’est pas de rajouter, mais d’insérer ces moments dans l’existant, pour rendre la journée plus respirable.

quelques idées faciles à tester

  • Une minute de respiration en début ou en fin de journée, ou écouter simplement les bruits extérieurs des oiseaux par exemple.
  • Un fond musical calme pendant certaines activités.
  • Un court temps de recentrage après la récréation.
  • Un “quoi de positif aujourd’hui ?” pour terminer la journée.
  • Un rituel de retour au calme (lumière tamisée, voix posée, consigne simple).

Tu trouveras d'autres idées dans ces 2 fiches-outils, selon ton niveau. Pour l'élémentaire :

3 rituels pour installer une ambiance calme dès le matin

Fiche outil

Cycle 2 à 3

Les premières minutes donnent le ton : un accueil trop rapide peut générer agitation et stress. Ces 3 rituels courts favorisent le calme, la cohésion et une meilleure disponibilité pour apprendre.

Pour le secondaire :

3 pauses émotionnelles pour relâcher la pression en classe

Fiche outil

Cycle 3 à Lycée

Voici 3 exemples de pauses qui vous permettront de retrouver la pleine attention de vos élèves, sans trop empiéter sur votre séance. Vous verrez que même après 5 minutes, vos élèves vont gagner en eff…

3 petits pas pour se mettre en action

1. Choisir un seul rituel. Pas tout à la fois ! Par exemple : 1 minute de respiration chaque matin et en début d’après-midi.

 

2. Le garder simple et régulier. Toujours au même moment, sans matériel compliqué.

 

3. Observer sans pression. Pas besoin que ce soit parfait → juste voir ce que ça change (pour toi et pour eux).

3) S’appuyer sur le groupe classe pour apaiser le climat

Pendant longtemps, je pensais que pour tenir en fin d’année, je devais “gérer” seule : garder le cadre, maintenir le rythme, contenir l’agitation. Mais en ULIS, j’ai vite compris que plus j’étais fatiguée, plus les élèves l’étaient aussi… et que la tension montait des deux côtés. 

Un jour, j’ai décidé de ralentir avec eux, de proposer un temps calme collectif, sans objectif scolaire précis. Et contre toute attente, ça a apaisé tout le monde… moi y compris. C’est là que j’ai réalisé que je pouvais m’appuyer sur le groupe, au lieu de lutter seule.

Pour cela, il peut être utile de prendre un temps d’observation : à quel moment de la journée la tension monte-t-elle le plus ? Quand les élèves sont-ils plus disponibles ou au contraire plus agités ? Cela permet d’identifier le moment le plus propice pour proposer un temps collectif apaisant.

quelques pistes simples

  • Proposer des temps collectifs apaisants : lecture offerte, écoute musicale, dessin calme.
  • Mettre en place des moments de parole : “comment je me sens aujourd’hui ?”.
  • Valoriser le positif : revenir sur ce qui a été réussi dans la journée.
  • Créer des rituels de fin de journée : remercier, se dire au revoir calmement.

En Ulis, ces moments sont particulièrement précieux pour sécuriser les élèves et maintenir un climat serein.

3 petits pas pour se mettre en action

1. Observer un moment clé dans la journée. Repère un moment où la classe est plus agitée ou fatiguée.

 

2. Tester une activité apaisante à ce moment-là : un "chut, je lis", un coloriage avec un fond musical…. sans objectif si ce n’est l’apaisement pour tous et nous-même !

 

3. Installer progressivement une régularité. Le refaire chaque jour ou plusieurs fois par semaine pour ancrer l’effet.

4) Se donner le droit de ralentir sans culpabiliser

Pendant longtemps, j’ai vécu les fins d’année avec cette petite voix : “tu pourrais faire plus, il faut finir les programmes”. Même quand j’étais fatiguée, je continuais à accélérer, comme si ralentir était une forme d’échec. 

Et puis un jour, en classe, je me suis arrêtée. J’ai accepté de faire moins, de parler plus doucement, de proposer une activité plus simple. Et j’ai vu que les élèves en avaient autant besoin que moi. Ce n’était pas “moins bien”… c’était juste plus juste.

La fin d’année est souvent marquée par une pression implicite : terminer les programmes, boucler les projets, “tenir jusqu’au bout”. Pourtant, ralentir ne signifie pas renoncer, mais s’adapter à son niveau d’énergie et à celui des élèves. Et cela peut passer par le fait d’identifier un moment où lever le pied dans la journée puis d’adapter une séance (raccourcir, alléger, transformer) en fonction de ton énergie et de celle des élèves.

À ce sujet, voir notre article Oups, j'ai pas fini le programme... Et alors ? 5 raisons de déculpabiliser

quelques pistes pour changer de posture

  • Accepter que le rythme change : la fatigue est normale, elle fait partie du cycle de l’année.
  • Réduire les exigences sans renoncer au sens : privilégier des activités utiles et accessibles.
  • Observer les besoins du moment : parfois, un temps calme est plus bénéfique qu’une séance dense.
  • Accompagner plutôt que “pousser à tout prix”.

3 petits pas pour se mettre en action

1. Oser faire autrement. Autorise-toi à sortir du cadre habituel, même légèrement.

 

2. Observer ce que cela change. Comment te sens-tu ? Et les élèves ? L’ambiance évolue-t-elle ?

 

3. Accueillir sans juger. Prends ce qui fonctionne, ajuste le reste….et reconnais que cela peut déjà suffire. Nous avons tous le droit de faire autrement…. Et cela peut même mieux fonctionner !

5) Valoriser les moments positifs du quotidien

Il y a une fin d’année où je ne voyais plus que ce qui était difficile : la fatigue, le bruit, ce qui ne fonctionnait pas comme prévu. Et puis un jour, un élève m’a dit :

"Maîtresse, aujourd’hui c’était bien."

Sur le moment, ça m’a surprise… parce que moi, je n’avais retenu que le compliqué. C’est ce jour-là que j’ai commencé à chercher volontairement les petits moments positifs de la journée. Et petit à petit, ça a changé mon regard… et mon énergie aussi.

Prendre le temps de repérer et de valoriser le positif permet de rééquilibrer le ressenti et de redonner du sens aux journées. 

Cela peut passer par le fait de choisir un moment court dans la journée, de poser une question simple aux élèves comme “qu’est-ce qui t’a fait du bien aujourd’hui ?” et de garder une trace de ces moments positifs, à l’oral ou sur un support visible en classe.

des idées simples

  • Prendre un moment pour nommer le positif (avec soi ou avec les élèves). Mettre en valeur les réussites, même petites.
  • Installer un rituel de fin de journée positif. Garder une trace : mots, dessins, souvenirs, “mur des réussites”.

3 petits pas pour se mettre en action

1. Porter attention au positif. Choisis de regarder aussi ce qui va bien, même si cela peut paraître discret.

 

2. Le reconnaître. Prends un instant pour le nommer, pour toi, ou avec les élèves.

 

3. Le laisser exister. Accueille ces moments sans les minimiser….. Ils comptent autant que le reste ! Malgré la fatigue… il y a encore du beau à voir et à vivre.

Ces propositions n’ont pas vocation à être des solutions parfaites ou à ajouter une nouvelle injonction au quotidien déjà chargé des enseignants. Elles sont à adapter en fonction de chacun, de son contexte de classe et de son niveau d’énergie du moment.

Prendre soin de soi en fin d’année ne signifie pas tout transformer, mais plutôt ajuster, alléger et parfois accepter de faire autrement. Cela demande aussi de lâcher une certaine exigence envers soi-même, ce qui peut ne pas être évident.

Enfin, ces temps plus apaisés profitent autant aux élèves qu’à nous : un climat plus serein permet souvent de mieux vivre les derniers jours ensemble.

 

Valérie Armand, coordo dispositif Ulis école, enseignante spécialisée depuis 2001