par exemple...
La coopération est bien en place dans ma classe : je n’ai donc plus besoin d’insister sur l’entraide.
Vous connaissez sûrement ce moment : certains élèves sont dissipés, d’autres semblent démotivés, la tension monte, et l’envie d’imposer un cadre strict vous traverse l’esprit…
Or, oui, il est possible de tenir le cadre sans durcir le ton, d’accompagner les différentes façons d’être et d’apprendre, et de soutenir l’élan de ceux qui en ont besoin !
Cet article propose des idées qui permettent aux élèves de devenir acteurs de leur apprentissage, tout en gardant une atmosphère sereine et positive en classe !
Dans les premiers jours de l’année scolaire, je mets toujours mes élèves en situation. Je leur demande :
“Si on part en voyage tous ensemble, que faut-il pour que ça fonctionne ?"
Je les laisse échanger. Ils vont ensemble réfléchir à ce dont on a besoin pour s’organiser :
On fait ensuite le point et on crée les règles de la classe à partir de leurs idées.
Je pratique la classe coopérative depuis 3 ans maintenant et j’en suis tellement contente ! Impliquer les élèves dans la définition des règles favorise la responsabilisation. Quand ce sont eux qui participent à la création du cadre, ils le respectent plus facilement.
En début d’année (ou de période pour faire un rappel et ajuster), je propose un temps de discussion sur ce qui aide à travailler et ce qui dérange en classe. Je commence par relire nos règles. Je leur demande ensuite si certaines sont toujours nécessaires à indiquer.
Ensuite, nous voyons ce que nous devons améliorer…
Un élève note les idées au tableau et on les reformule ensemble en règles simples et positives. Les règles sont des apports, on évite d'utiliser la forme négative.
On affiche et on signe le contrat de classe et on le relit régulièrement, ou quand cela est nécessaire. Bénéfices : respect mutuel, réduction des tensions et sentiment de co-construction. Les élèves sont vraiment acteurs de la classe.

Pour en savoir plus sur l'apprentissage de la coopération en classe :
3 jeux coopératifs pour apprendre à bien écouter
Fiche outilCycle 1 à 3
Les principes de l’écoute peuvent paraître simples, mais se placer en écoute active reste difficile. Il faut s’entraîner avant de l’apprendre aux enfants. Nous devons prendre conscience, nous sommes h…
"Je peux être chef de rang ? Je peux effacer le tableau ?"
Les élèves ont à cœur d’avoir des responsabilités et d’avoir un rôle attribué. Au-delà de la fierté avec un rôle, ils vont s’appliquer dans la réalisation de leurs missions.
Certaines tâches simples, confiées à des élèves, permettent de canaliser leur énergie et de responsabiliser ceux qui ont du mal à rester concentrés.Bénéfices : développement du leadership et de l’autonomie et sentiment de valeur et de reconnaissance.
Concernant les responsabilités qu’on propose aux élèves chaque semaine, certains choisissent d’attribuer de nombreux rôles : distributeurs, chef de rang, responsable du bruit, responsable de la lumière, accompagnateurs, etc.
J’avoue avoir tenté… deux semaines environ ! Chaque lundi, c’était un casse-tête de distribuer les rôles.
Et au final, aussi surprenant que cela puisse paraître, les meilleurs assistants sont souvent les élèves turbulents !
Les transitions, c’est souvent le moment où je perds les élèves. J’attends qu’ils arrêtent de bavarder, qu’ils sortent tous leurs affaires … C’est long, c’est bruyant, et je dois batailler pour retrouver le calme après.
Ça, c’était avant que je mette en place des rituels clairs et des repères temporels pour aider les élèves à se recentrer. Avoir plusieurs rituels va éviter aux élèves de se lasser.
Pour en savoir plus sur les transitions, voir cette fiche-outil :
Gagner en efficacité dans la mise au travail et les transitions
Fiche outilCycle 2 à 3
On peut parfois être déconcerté quand on ne parvient pas au bout de ce qu’on avait prévu avec nos élèves. Bien qu’il s’agisse d’une question de priorisation et de tri de ce que l’on veut transmettre, …
Un moment que j’aime dans la semaine, c’est la dernière demi-heure. Les élèves ont 30 min pour exprimer tout le positif de leur semaine. Ce qu’ils ont compris, appris, leurs petites réussites personnelles. De belles pépites sortent à ce moment.
Mettre en avant ce qui fonctionne et ce que les élèves réussissent crée une dynamique différente dans la classe. Depuis que je suis dans cette dynamique, mon attention ne se porte plus uniquement sur ce qui déborde ou dérange, mais aussi sur ce qui avance, sur les gestes qui construisent le collectif.
Peu à peu, le regard change : on n’est plus seulement celui qui rappelle les règles, mais celui qui repère, valorise et fait grandir les comportements qui permettent au groupe de fonctionner.
On ne valorise plus seulement le résultat ou la conformité immédiate, mais la tentative, l’entraide, le progrès. Le cadre reste là, mais il est porté par le groupe.
Les bénéfices apparaissent rapidement :
Pour que cette démarche soit vraiment coopérative, il est intéressant d’inviter les élèves à participer. On peut demander en fin de séance :
"Qu’est-ce qui a bien fonctionné aujourd’hui/cette semaine dans notre classe ?"
Les élèves prennent vite l’habitude de chercher eux-mêmes ces moments. On entend alors des remarques comme :
“On s’est mieux écoutés pendant le débat.”
Dans certaines classes, les élèves peuvent aussi proposer eux-mêmes une reconnaissance pour un camarade. Par exemple :
"Moi, je voudrais mettre Tom dans les réussites parce qu’il m’a expliqué les fractions."
Les élèves ne sont plus seulement ceux à qui l’on rappelle les règles : ils deviennent acteurs du climat de la classe. Et cela n’empêche pas de maintenir le cadre, au contraire. Lorsqu’un comportement pose problème, l’enseignant peut s’appuyer sur cette dynamique collective :
"Regardez ce que nous avons réussi hier : travailler en silence pendant dix minutes. On sait le faire. Essayons de retrouver ça."
Ainsi, le cadre ne repose plus uniquement sur l’autorité de l’adulte. Il s’appuie aussi sur la mémoire des réussites collectives. Les élèves savent ce dont ils sont capables, et la classe devient peu à peu un groupe qui s’encourage à faire fonctionner ce cadre ensemble.
Il arrive que certains élèves ne prennent jamais la parole ou ne mettent jamais en avant leurs progrès et réussites. Dans ce cas, je fais à nouveau appel au collectif pour aider cet élève à identifier son avancée.
En général, je mets les amis de ces élèves à contribution. J’avais un élève comme ça, il reste très discret aujourd’hui, mais quand ses amis (et moi) valorisons ses progrès, je le vois sourire maintenant. Un sourire est une réussite !
Tenir le cadre ne signifie pas durcir le ton : avec quelques outils simples et une pédagogie coopérative, les élèves deviennent acteurs, motivés et respectueux. Les routines, responsabilités et rituels créent un climat de confiance et de sérénité.
Quelques points de vigilance tout de même :
Chaque petit pas en amont permet de transformer l’énergie de la classe en force positive. Avec un peu de préparation, vous pouvez dès demain installer un cadre clair… tout en gardant le sourire.
Marion Blanc-Catherinet, prof en cycle 3 bilingue, team projets fous et inclusion totale