Parfois, je me sens submergée, perdue en classe. Je me suis demandé comment transformer la classe en un espace de décélération et de sens, tout en permettant aux élèves de rester engagés et aux enseignants de gérer la pression.
Nos élèves, en pleine adolescence, se disent souvent fatigués.
Mais de quoi, exactement ? Le manque de sommeil ? Certainement. Mais pas uniquement Ce serait trop simple de s’arrêter sur cette unique cause. Dans un monde hyperconnecté, saturé d’images et d’informations, nos ados scrollent à l’infini : vidéos courtes, actualités anxiogènes, contenus drôles, choquants, déroutants.
Leur cerveau absorbe tout, encaisse tout, sans filtre, sans pause, sans toujours disposer de la maturité émotionnelle nécessaire à faire face à ces images. À cette surcharge numérique s’ajoute une pression constante : résultats scolaires, orientation, compétitions sportives, réputation sociale, stress, quotidien, pression à la maison..
Ils vivent en état d’alerte quasi permanent.
Alors, lorsqu’ils franchissent la porte de la classe, ils arrivent déjà chargés. Le corps est présent. L’esprit, lui, est ailleurs. Cette fatigue n’est pas seulement physique. Elle est cognitive et émotionnelle. Comme une cocotte-minute en surchauffe. Face à cela, peut-on agir ?
Pas avec une solution miracle, mais peut-être en transformant la classe en un espace de décélération. Un lieu de repère, un ancrage. Une boussole. Voici donc 5 rituels pour créer un temps de pause en classe.
Avant toute chose : ralentir !
Alors que leur attention est sollicitée en permanence, j’attendais de mes élèves qu’ils soient, de 8 à 17 heures, présents, attentifs et volontaires lors de mes séances. Mais comment pouvais-je exiger cela, quand moi-même, adulte, peinais à tenir ce rythme ?
Nous aussi, en tant que profs, nous subissons la pression : celle des programmes à terminer, des apprentissages à consolider, des échéances d’examen à préparer. Et puis, il y a cette culpabilité bien tenace, qui nous envahit lorsque nous avons l’impression de « ne pas être dans les temps ».
Alors on accélère, on densifie… Et on perd une partie de nos élèves
Pourtant, en accélérant, on ne crée pas les conditions de la sérénité. On ne favorise pas les apprentissages. Alors, plutôt que d’aller vite, trop vite, et si l’on choisissait de ralentir ? Ralentir, ce n’est pas renoncer aux exigences. C’est décider de faire de sa classe un espace presque imperméable à l’hyperconnexion et à la frénésie extérieure.
Prendre le temps, c’est permettre une attention plus stable, un climat plus apaisé, une pensée qui se construit et parfois se déconstruit pour mieux se reconstruire.
pour bien comprendre
Le cerveau a besoin de lenteur pour apprendre et comprendre
Il a besoin de repos entre deux temps d’activité pour intégrer les connaissances. Mettre sur pause le cerveau permet de consolider les connaissances.
Leonardo Claudino, chercheur du NIH, a montré que de courtes pauses insérées entre des sessions d’entraînement favorisent l’apprentissage (étude ici). Pendant ces pauses, le cerveau répète très rapidement ce qu’il vient d’apprendre, renforçant ainsi les connexions neuronales liées à la nouvelle compétence.
Par exemple, lorsqu’une personne s’entraîne à jouer une nouvelle mélodie au piano, le cerveau rejoue mentalement ces mouvements pendant les pauses, ce qui améliore ensuite la performance.
Cette nouvelle étude montre que la consolidation des apprentissages se produit juste après l’activité, pendant une courte pause, pendant un court temps de repos. On en arrive donc à la conclusion que s’entraîner, apprendre, mémoriser sans temps de repos n’est en réalité que peu productif. Sans pause, on accumule des connaissances sans vraiment les intégrer.
Ralentir, c’est reprendre le contrôle, faire des choix et cesser de subir
L’école doit être une boussole. Une boussole ne supprime ni les tempêtes, ni le stress, ni la pression, ni les problèmes auxquels nos élèves sont confrontés. Mais elle permet de s’orienter. De prendre le temps de se repérer, de garder le cap sur l’essentiel. Elle aide à penser le monde, à s’y situer, à y agir et donc à transmettre cette capacité à nos élèves.
Alors oui, tout cela est beau en théorie. Mais concrètement, comment fait-on ? Voyons comment ritualiser en intégrant les CPS.
Rituel n°1 - On prend la température
En début d’heure, proposer aux élèves d’évaluer leur niveau de fatigue de 1 à 5. L’idéal est d’utiliser un outil numérique permettant de créer un nuage de mots comme Wooclap, l’anonymat favorisant la sincérité. Si le numérique n’est pas disponible, une ardoise, un post-it ou une simple feuille font parfaitement l’affaire. Autre variante possible : partager un mot qui décrit leur état du moment.
En quelques minutes, tu comprends l’ambiance émotionnelle de ta classe. Et en fonction des réponses, tu peux ajuster le rythme : alléger une activité, prévoir un temps de respiration, fractionner davantage les consignes.
Ce rituel a un effet positif : l’élève se sent reconnu, il n’est pas seulement un apprenant. C'est une personne à part entière, dont les émotions comptent dans ta classe. Ce rituel permet aussi aux élèves de se recentrer sur eux même et leurs pensées et te permets à toi de mieux connaître tes élèves.
Tu peux retrouver d'autres conseils sur l'identification des signes de stress en classe sur cette fiche à télécharger :
Le stress de mes élèves, comment je le vois ?
Fiche outilCycle 3 à Lycée
Nos élèves vivent de nombreux changements lors de leur adolescence. En tant qu’enseignant·es, notre rôle est autant de leur transmettre un savoir, que de les accompagner dans leur construction en tant…
points de vigilance
Si lors du rituel, tu constates que le climat de classe est préoccupant (fatigue, épuisement, stress), prends ce signal au sérieux. Plusieurs choix s’offrent alors à toi :
- Ouvrir un temps d’échanges collectif pour comprendre ce que traverse le groupe. Donne par exemple des conseils et des routines à appliquer afin d’aider le groupe classe (si tu t’en sens capable, surtout pas de pression, il existe toujours des relais dans un établissement).
- Proposer un temps d’écriture individuel pour que chacun puisse s’exprimer plus librement.
Si un ou une élève te donne une réponse qui t’inquiète particulièrement :
- Propose-lui un temps d’échange (récréation, après ou avant ses cours) afin d’échanger calmement. Si ce(tte) dernier(e) refuse n’insiste pas. L’objectif est de ne pas le(a) braquer.
- Selon la nature de ses confidences, informe le pôle médico-social afin que l’élève soit accompagné de manière adaptée. Informe également le/la CPE et le PP de la dynamique de classe. Ne reste pas seul(e) face à des situations compliquées.
Si un élève choisit de se confier, c’est qu’il te fait confiance. À cet instant, tu deviens un adulte référent. Ignorer ou minimiser son émotion pourrait l’amener à se refermer. En revanche, n’interviens jamais seul et n’alerte pas directement les responsables légaux sans concertation avec l’équipe éducative : la situation peut être complexe, parfois d’ordre familial.
Depuis la rentrée 2025, chaque établissement doit disposer de référents santé mentale et d’un protocole précis. Il est essentiel de t’appuyer sur ce cadre : applique le protocole ou signale les élèves concernés selon la procédure en vigueur. N'hésite pas non plus àt’inscrire aux formations santé mentale de l'ÉN.
Rituel n°2 - On respire ensemble
On l’a tous connue, cette classe surexcitée qui déboule dans la salle comme un raz-de-marée... Cette heure qui commence mal et qui te met sous tension pour tout le reste du cours. Cette énergie débordante qui t’oblige à puiser dans tout ton self-control dès les premières secondes.
Dans ces moments-là, la solution n’est pas de parler plus fort. C’est de ralentir, prendre une minute pour respirer.
Propose une respiration guidée simple. Les élèves peuvent rester assis ou se mettre debout, selon leur préférence. Tu guides calmement : inspiration pendant 4 secondes ; expiration pendant 6 secondes. Et on recommence.
Au début, tu te sentiras peut-être un peu mal à l’aise, voire sceptique…
La première fois, les élèves s’échangeront peut-être des regards interrogateurs, des petits sourires gênés. C’est normal. Cela sort de nos habitudes professionnelles. Cette technique fait rire pas mal de collègues. Mais en neurosciences, ce type d'exercice est fortement recommandé pour obtenir une attention accrue des élèves.
En intégrant ce rituel en début d’heure rapidement, tu constateras son effet : le volume sonore baisse, les corps et les esprits se posent, l’attention devient plus disponible. En une minute, tu viens de transformer une entrée chaotique (et probablement une heure compliquée) en point d’ancrage collectif.
Rituel n°3 - On s'écoute (vraiment)
Ce rituel est à faire en vie de classe, mais tu peux aussi l’adapter à n’importe quel moment du temps scolaire. Dans un bocal, glisse plusieurs questions simples comme par exemple : Comment te sens-tu cette semaine ? Une réussite récente ? Une fierté ? Une difficulté que tu as surmontée ?
À chaque heure de vie de classe, tu tires un papier au hasard. Variante possible : un élève répond à la question en parlant d’un autre élève : Une réussite de quelqu’un cette semaine ? Une qualité que j’ai observée chez un camarade ?
Les élèves volontaires prennent la parole pour répondre. Le but étant de ne pas forcer les élèves à s'exprimer (c'est contre-productif), mais d’installer un cadre de confiance, d’écoute et d’empathie dans ta classe. Pour impulser la parole, tu peux commencer en répondant toi-même à la question. Donner un exemple, c’est rassurant.
Ce déplacement du regard est intéressant : il apprend à reconnaître les forces des autres et à valoriser publiquement. Il développe l’entraide, l’empathie et la solidarité au sein du groupe classe. Un groupe classe qui se fait confiance, est un groupe classe qui fonctionne sur le temps long.
points de vigilance
Comment réagir face à un ou une élève qui te ferait part de son mal être ?
- La première chose à faire est de valider l’émotion. Et non le jugement qu’il fait de lui-même. Par exemple, tu peux dire “Merci d’avoir partagé ton ressenti” ,“Je comprends que c’est difficile pour toi en ce moment”. Il faut qu’il se sente reconnu.
- Ne jamais minimiser en disant “Il faut positiver” ou “mais non, ne t’inquiète pas”.
- Un élève qui dit “je me sens nul” exprime une émotion, et non une réalité. Essaye par exemple de reformuler “Ce point là te semble difficile ?”. Le but étant d’aider l’élève à passer de “je suis nul(le)” à “ Je rencontre une difficulté”
- La deuxième chose à faire est de ne pas régler la situation en classe. Propose un temps d’échange individuel. Lors de cet échange individuel identifie le problème de manière concrète et précise : “qu’est-ce qui a été difficile précisément ?” Essaye de fractionner la problématique, de la décomposer. Puis ensuite valorise ses réussites passées. Il est important de faire ressentir à l’élève qu’iel n’est pas seul(e).
- Comme pour le rituel précèdent, ne reste pas seul(e) avec les informations. N’hésite pas à alerter si l’élève est dans une impasse, présente des signes/ paroles inquiétantes. Ce rituel permet de montrer aux élèves que l’école peut être un lieu de repère, de refuge. Cependant tu n’es pas là pour faire une thérapie et encaisser tous les problèmes des élèves.
- Tu dois également te protéger émotionnellement. Tu agis dans le cadre pédagogique, tu essaies de dédramatiser, tu montres qu’il existe des adultes sur lesquels les élèves peuvent compter, des repères stables. L’élève apprend, se sent reconnu et développe la confiance dans l’école.
Comprendre la phobie scolaire (ou refus scolaire anxieux)
Fiche outilCycle 1 à Lycée
Refus scolaire anxieux (RSA) et phobie scolaire sont la même chose. Phobie scolaire est l’ancien terme, qui est passé dans le langage courant. RSA est le terme scientifique et médical, actuellement le…
Rituel n°4 - On réfléchit
En fin de séance, on prend cinq minutes pour faire le point. Un temps court, un temps de pause, mais essentiel. Les élèves complètent une fiche de réflexion personnelle. Elle n’est pas obligatoire. Ce choix est important : il enlève la pression.
Pas d’angoisse du « je ne sais pas quoi écrire », ni du « je remplis pour remplir ».Chacun reste libre de s’en saisir… ou non. La fiche peut proposer quelques questions simples : Qu’est-ce que j’ai compris aujourd’hui ? Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? Quelle question je me pose encore ? À quoi cela peut-il me servir ?
Les élèves peuvent choisir de te montrer leur feuille… ou non. Pour les élèves qui te montreront leur feuille, et qui auront des questions, des incompréhensions sur la séance, il convient bien évidemment de ne pas les laisser sans réponse.
Plusieurs choix s’offrent à toi :
- Réponds individuellement aux questions. Mais en choisissant cette option, il faut que tu aies conscience que tu ne permets pas à l’élève de trouver la solution par lui/elle même et donc d’être dans un apprentissage actif. Si tu choisis la réponse individuelle et immédiate, pose des questions à l’élève pour le ou la faire réfléchir afin qu’il trouve la réponse par lui-même.
- Propose à l’élève de chercher les réponses à tête reposée. Ainsi, l’élève devient acteur, en cherchant la réponse il réfléchit. En cherchant par eux-mêmes, les élèves mobilisent leur mémoire de travail, établissent des liens entre connaissances et réflexions personnelles. Au cours suivant, en début de séance, pose les questions au groupe classe, et revient sur ce qui n’est pas compris.
point de vigilance
Pour que la leçon soit vraiment apprise, il faut qu’elle soit comprise. Il faut donc pousser les élèves à ré-expliquer avec leurs propres mots.
Ce rituel n’est pas un outil d’évaluation, mais un outil de réflexion et de mémorisation. Il développe la métacognition : apprendre à réfléchir sur ses propres apprentissages. Il aide à consolider les acquis, à identifier les incompréhensions et à redonner à l’élève une posture active dans son intégration des connaissances. En 5 minutes, on passe de "j’ai suivi un cours" à "j’ai compris quelque chose" !
Rituel n°5 - Se repérer
En début d’heure, prends quelques minutes pour poser le cadre, simplement à l’oral : Qu’allons-nous faire aujourd’hui ? Pourquoi allons-nous le faire ? À quoi cela va-t-il nous servir ?
Resituer la séance dans une continuité aide les élèves à se repérer. Ils ne vivent plus le cours comme une succession d’activités, mais comme une étape dans un parcours. Donner du sens, c’est renforcer la compréhension. Et comprendre pourquoi on apprend favorise un apprentissage plus solide.
En quelques phrases, tu transformes ton cours en boussole
Un point d’orientation clair, qui permet aux élèves de savoir où ils vont… et pourquoi ils y vont. Une étude conduite au Zuckerman Institute de l’Université de Columbia met en avant la théorie de la géométrie de l’abstraction : le cerveau ne traite pas en détails l’information, mais il la simplifie. Il a besoin d’une structure, de repères.
Lorsque le cerveau manque de repères, il ne peut pas traiter l’information, se l’approprier. Le cerveau apprend mieux quand il comprend la logique globale. Expliciter en début de séance l’objectif, donner un cadre permet de visualiser les connaissances et les attendus d’une leçon.
Comment favoriser les pratiques métacognitives en classe ?
Fiche outilCycle 3 à Lycée
Dans cette fiche outil nous vous proposons six stratégies d’intervention fondées sur la recherche en psychologie cognitive. Intégrer ces stratégies dans notre enseignement et apprendre à nos élèves à …
Bonus : créer un projet de classe
OK, j’ai compris l’intérêt des rituels, mais est-ce suffisant ? Dans cette logique de vouloir donner du sens aux apprentissages mais aussi de créer une vraie cohésion de classe, j’ai voulu aller plus loin.
Les sciences cognitives soulignent que pour apprendre en profondeur, l’apprenant doit être actif, produire, réfléchir par soi‑même plutôt que passif. De plus, travailler ensemble dans un cadre clair facilite la coopération, réduit le stress et permet une meilleure régulation émotionnelle et donc d’améliorer le climat de travail de la classe qui favorise les apprentissages.
Mettre en place un projet de classe ? Mais par où commencer ? Personnellement, j’apprécie quand le projet se déroule sur l’année et s’articule avec les compétences de mon programme. Voici quelques idées :
- Créer une classe développement durable ou égalité.
- Participer à des concours : Concours carto, l’appel des pôles, le CRND, ma petite planète.
- Créer un mini musée.
- Se mettre en lien avec une association solidaire et mener des actions dans l’établissement (collectes, affiches, prévention).
Maintenant que tu as ton projet, il te faut t’organiser :
Règle numéro 1 : Implique dès le départ tes élèves. Présente le projet et les objectifs (comme dit plus haut, le cerveau à besoin d’un cadre clair pour donner du sens aux apprentissages) : pourquoi faire ce projet, quel sens pour eux et quel intérêt dans leur scolarité ?
Règle numéro 2 : Laisse leur la place. Efface toi et laisse leur proposer leurs idées, leurs visions de ce projet. L’appropriation par les élèves renforce l’engagement et la motivation.
Règle numéro 3 : Décomposer le projet en étapes. Organise le projet dans le temps : sur quel temps travailler ce projet, qui fait quoi, comment. Mets en place un nouveau rituel (à toi de voir la fréquence) pour faire le point sur l’avancée et ajuster si nécessaire.
Règle numéro 4 : Crée des temps en classe. Intègre dans tes séances des moments d’apprentissages en lien avec le projet : recherches, connaissances, explicitation, échanges… Ces temps ancrent le projet dans les compétences disciplinaires.
Règle numéro 5 : Valorise le travail de tes élèves (exposition, communication, publication numérique). La reconnaissance de leurs efforts créera une sentiment de fierté
Règle numéro 6 : Prendre du recul. À la fin du projet retrace les apports du projet : Qu’a apporté le projet à la cohésion de la classe et aux apprentissages? Quelles compétences ont été travaillées ? Quels sont les points d’améliorations à penser pour un futur projet de classe ?
Un mot pour finir…
Nous ne pouvons pas ralentir le monde. Nous ne pouvons pas supprimer la pression, ni les échéances, ni les tempêtes extérieures. Mais nous pouvons choisir ce que devient notre classe.
Pour les élèves, la journée d’école ressemble à un long temps de scroll : un cours remplacé par un autre. Une activité remplace la précédente. Une notion apparaît, puis disparaît. Comme sur l’écran de leur smartphone, tout défile. Rapidement.
Ils consomment, puis oublient. Le risque étant, c’est que l’école ressemble à un fil d’actualité : trop d’informations, sans ancrage. Un cours ne devrait pas être un contenu parmi d’autres que l’on fait défiler. Il devrait être un point d’arrêt. Un lieu ou on relie ce qui est fragmenté. Un lieu où l’information prend sens.
À nous de choisir à quoi ressemblera notre classe : un lieu où l’on subit ou un lieu où l’on comprend ? Et peut-être qu’en osant faire pause, en instaurant un rituel, une minute de respiration, une question qui donne du sens, nous faisons bien plus que gérer une classe.
Nous faisons bien plus que transmettre des savoirs. Nous aidons les adolescents à ne pas se perdre dans un monde qui va trop vite. Et cela, finalement, n’est-ce pas l’essentiel ?
Juliette Gourmelon, professeure d’histoire-géo-EMC au collège depuis 2016, formatrice epsA
3 pauses émotionnelles pour relâcher la pression en classe
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