Ta motivation diminue, tu vas un peu au ralenti ?
Le souci, c’est que les élèves manifestent ce relâchement par de l’excitation…
Gérer une classe épuisée, c’est un peu comme gérer une classe le jour de la rentrée : les règles ne sont pas respectées, la motivation pour travailler n’est pas présente. On est stressé, sous tension, les élèves aussi.
Ici, tu trouveras des astuces pour relâcher la pression, impliquer les élèves et avancer, malgré les tensions !
3 façons de communiquer autrement avec ses élèves
Exploiter le non verbal
Tout a commencé par un élève qui parlait et que j’ai regardé en fronçant un peu les sourcils. Il a compris que ce n’était pas le moment de bavarder, et moi j’ai pu reprendre le cours. Je n’étais pas obligée de parler pour me faire comprendre ! D’abord, on communique avec les yeux.
Pour s'entraîner…
- On peut mettre les élèves en cercle et leur donner un ballon. Les élèves doivent se lancer le ballon, tous doivent l’avoir une fois et le ballon ne doit pas tomber.
- Pour cela, on regarde la personne avec qui on veut interagir, on s’assure d’avoir son attention. Et quand les deux sont prêts, ils se lancent le ballon.
Ca parait peu, mais en classe, quand on veut communiquer avec les élèves facilement, avoir leur attention sans lever la voix, c’est un réel plaisir.
Si tu veux des exemples de gestes, je t'invite à télécharger cette fiche-outil :
Communiquer avec plus de gestes pour faire moins de bruit
Fiche outilCycle 1 à 3
Comment capter l’attention de mes élèves et la maintenir ? Comment réduire les interventions verbales et les distracteurs ? Voici mes conseils pour communiquer avec tout votre corps.
Tenter la langue des signes
Depuis quelque temps, je vais plus loin. À la maison, je pratique la langue des signes pour communiquer avec mon bébé. J’ai voulu tenter ça en classe. Mes élèves ont de suite accroché ! Fini les interruptions, les demandes constantes pour aller aux toilettes ou autre.
Un jeu de regard pour capter mon attention, et ils signent leur besoin : aller aux toilettes, j’ai mal, ça ne va pas, j’ai soif… À nouveau, ça parait peu, mais vraiment, c’est magique. En plus, les élèves trouvent qu’on a un langage secret pour communiquer, et ça, c’est génial !
Avoir un perroquet en classe !
Lors d’une formation, une participante m’a parlé de sa technique du perroquet. Pendant une journée, un élève est nommé perroquet de la maîtresse. Pendant cette durée, si quelque chose doit être répété, c’est à lui que revient cette tâche.
Cette technique est vraiment efficace : l’élève perroquet est bien plus attentif et les autres aussi, puisqu’ils peuvent avoir peur que le perroquet soit défaillant ! En leur donnant des responsabilités, ils participent réellement à la vie de classe, leur motivation n’en est que meilleure.
Bonus : passer par le jeu
Les activités ludiques sont un chemin d’apprentissage remarquable. Que j’aime quand mes élèves me disent “On a appris plein de trucs sans s’en rendre compte !”.
Pas besoin de motivation pour les mettre aux jeux, même quand il s’agit d’un memory pour associer les infinitifs avec leur participe passé !
Des jeux de société simples permettent aussi de travailler de nombreuses compétences :
- Le Qui-est-ce ? en anglais permet de revoir de nombreuses notions et de pratiquer l’oral.
- Plus simple encore ? Le loto ! On essaie d’en faire un géant par mois : ça soude la classe, ça permet de relâcher, on travaille l’attention.
- Un petit bac avec toute la classe peut être un super moyen de réviser les classes grammaticales aussi : un verbe, une préposition en D ?
Tu peux aussi faire des pauses actives avec tes élèves, je t'en propose 5 à faire en élémentaire ici !

Les avantages de l'utilisation de la LSF en classe !
Changer son plan de classe
J’ai l’habitude de changer de plan de classe au moins une fois par période. Le plan de classe, ce n’est pas juste de séparer deux élèves qui bavardent. Ça va être de vraiment tout bouger, la disposition, les élèves, le bureau de l’enseignant s’il y en a un…
En fait, ce qui marche avec le plan de classe…C’est de lâcher ! Aujourd’hui, je me cantonne à faire la disposition des tables selon mes besoins : des ilôts pour les ateliers, des places individuelles pour les élèves ayant besoin de calme, des U pour favoriser la coopération. Oui, tous en même temps et j’ai une petite classe ! Je pense que c’est le plus compliqué à faire finalement : réussir à disposer les classes.
Ensuite ? Je laisse les élèves gérer leur place. Et surtout : rien n’est fixé, tout peut bouger plusieurs fois dans la journée.
Par exemple, une élève performante est tutrice de deux élèves en difficultés, elles sont en ilôt à trois.
Pour certaines matières, cette élève performante peut changer de place pour être avec ses amies.
Le manque de place ? J’ai deux tabourets et des poufs dans ma classe, les élèves les ont à disposition et peuvent travailler à deux sur une table.

Quelques idées de dispositions…
Dans ma classe, la place des affaires de mes élèves est fixe, mais pas celle des élèves
Ils peuvent finalement changer de places à la demande. Ils ont donc une table avec casier pour ranger leurs affaires. Avant chaque déplacement, ils s’assurent de prendre le nécessaire (je liste au tableau ce dont on a besoin avec l’emploi du temps du jour). Ainsi, ils n’ont pas besoin de faire des aller-retours au fil de l’activité.
Bien que ça paraisse paradoxal, les élèves bavards le sont moins quand ils peuvent se mettre avec leur copain. Ils savent que c’est un privilège et que celui-ci peut être suspendu en cas d’abus de leur part. Quand on est épuisé, lâcher prise sur les places, ça permet de ne pas faire la guerre au bruit et garder des élèves motivés.
Si tu enseignes en maternelle, je te conseille cette fiche-outil pour te donner des idées d'aménagements :
(Re)penser son plan de classe en cours d'année
Fiche outilCycle 1
L’élaboration du plan de classe en début d’année est un miroir de nos choix pédagogiques. Son évolution en cours d’année est néanmoins tout à fait possible. Elle offre la possibilité d’adapter ses pre…
Impliquer les élèves dans la gestion des comportements
Dans la cantine de mon école, les élèves ont chacun un rôle à table : le gardien du temps, le gardien du silence, le gardien du calme et le gardien du respect. J’ai voulu aménager cette idée de coopération pour la mettre en place dans ma classe et réguler ainsi le bruit.
On peut utiliser plusieurs méthodes pour impliquer les élèves. Tout cela rejoint les méthodes de coopération actuelles.
Le bocal à récompenses
Je valorise les progrès et les bons comportements, qu’ils soient individuels ou collectifs. Par exemple, un élève ayant vraiment progressé dans l’apprentissage des mots de la dictée va faire gagner une étoile à la classe.
Dans le même ordre d’idée, je fais des dictées coopératives (un élève écrit au tableau, et les autres ont 4 minutes pour débattre des erreurs et l’aider à corriger), si le rendu final est parfait, une étoile est gagnée également.
À la fin de la semaine, on peut ajouter une étoile si les élèves estiment qu’ils la méritent. “Trouvez-vous que nous avons passé une bonne semaine ? Quels ont été les points positifs et négatifs ? Est-ce que j’ajoute une étoile ?”
Ils débattent et me répondent, et des fois, ils me disent non. Je trouve ça génial, ils arrivent à prendre du recul pour faire le bilan. Quand le bocal est plein, on décide d’une récompense : un goûter offert, un film, une balade, pas de devoirs, un nouveau pour la classe…
À lire aussi :
SOS morosité : trousse de secours pour profs en détresse !Les messages clairs
La résolution de conflits peut aussi être source d’épuisement. Pour cela deux idées : les messages clairs et les conseils de coopération ! Lorsque des élèves sont en désaccord, ils peuvent faire un message clair. Celui-ci se décline en six parties (voir l'image ci-dessous).

Plus d'infos dans cette fiche-outil :
Utiliser les messages clairs et la médiation entre pairs
Fiche outilCycle 1 à 3
Par ces activités on vous propose de tisser dans la classe une culture du “parler du conflit”. La tendance naturelle à l’école serait plutôt de ne pas en parler parce que c’est inquiétant, il y aurait…
Depuis que les messages clairs sont en place dans ma classe, la gestion des conflits est bien plus apaisée. J’ai moins l’impression de “perdre du temps”, les élèves deviennent acteurs de la gestion des comportements !
Mes 3 petits trucs pour tenir…
Quand je prends du recul sur mes débuts dans l’enseignement, je me rends compte qu’une partie de mon épuisement venait de la pression que je me mettais à moi-même. On est beaucoup dans ce cas, à vouloir que tout soit bien préparé, tout beau, bien carré.
Et on y passe des heures et on s’y fatigue pour au final arriver en classe en oubliant ses affaires (oui, j’avais passé des heures sur une jolie séance qui est restée chez moi…).Ce que j’ai appris avec cette anecdote ? Je dois penser à moi pour être efficace avec eux.
Mon carnet to-do list
Quand je parle de to-do list, je ne parle pas de deadline, c’est ce point qui est très important. Je ne note pas les choses pour me mettre la pression mais pour justement ne plus avoir à y penser. Quand je prépare mon cahier journal de la semaine, je note dans un coin les corrections que je dois faire.
Je peux aussi faire un code couleur par ordre de priorité et par durée, ça m’aide à m’organiser pour savoir quoi faire selon mon temps disponible. J’y note aussi les personnes à contacter et quand. Vraiment tout ce que je dois faire, même si c’est tout petit ou insignifiant.
Quand c’est sur ma liste, je n’ai pas à me dire que je ne dois pas oublier telle ou telle chose. Une énorme pression en moins depuis que j’ai cette technique.
Les vraies pauses
J’ai aussi défini mes limites et je m’octroie des pauses forcées. Pendant les vacances par exemple, je priorise ce que je dois faire (le carnet to-do list !), et je ne travaille que les matins de la première semaine. Je travaille environ 3 heures, à fond.
Le samedi, à midi, je range mon bureau pour la période suivante, je fais mon sac pour la rentrée et je ne touche plus à rien. Quand on commence à faire ça, c’est très frustrant parce que tout n’est pas prêt. Mais en priorisant, tout ce qui va rester n’est pas urgent, donc rien de grave, vraiment. Et le reste du temps, c’est pour moi !
Sortir du culte de la perfection
J’arrive comme ça au troisième point : il est nécessaire d’accepter de ne pas être le prof parfait. Avec les réseaux, on peut facilement se comparer et trouver nos supports nuls, nos séances intéressantes, penser qu’on en fait jamais assez.
Sur les réseaux, on voit ce qui nous est montré. Ça commence à changer, mais certains profs ont l’air tellement parfait, sûrs d’eux, avec des supports parfaits, des élèves qui interagissent et qui comprennent tout d’un coup, c’est magique !
J’ai beaucoup entendu cette phrase, mais je la comprends depuis peu : tes élèves ne se souviendront pas d’une fiche de prep’ parfaite, mais ils se rappelleront des moments passés avec toi. Et si on veut créer de beaux moments, construire de beaux souvenirs, c’est en pensant à soi et en se priorisant.
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prof, j'ai appris à déculpabiliser, et ça va beaucoup mieux !On m’aurait proposé ces outils il y a quelque temps, j’aurais ri. Mais maintenant j’en suis convaincue, le lâcher-prise : ça marche. Pas besoin de grandes révolutions, juste un petit pas permet de respirer à nouveau.
Marion Blanc-Catherinet, prof en cycle 3 bilingueteam projets fous & inclusion totale