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5 pauses actives à faire en élémentaire

Cycle 2 à 33 min
Marion Blanc-Catherinet
Marion Blanc-CatherinetProfesseure des écoles depuis 2021

Tes élèves sont trop excités… ou au contraire trop endormis pour être dans les apprentissages ? 
Ca t'agace et de fait… ils s’agacent aussi et rien ne fonctionne ? 

Je suis passée par là aussi. Jusqu’au jour où j’ai eu besoin de trouver un bouton “pause.” Depuis j’en ai plusieurs, et je les partage ici !

On parle beaucoup de ces "brain breaks", mais assez peu de leur application : quelle pause utiliser à quel moment ? 

Oui, car ces pauses actives peuvent être faites de manière programmée (après une évaluation, en retour en pause) ou de manière totalement improvisée tel un gros panneau STOP. 

Je te propose donc un petit guide clé en main pour activer le bon bouton quand cela est nécessaire !

N°1 - Danser, chanter (si possible en anglais !)

Un jour, quand mes élèves avaient trop la bougeotte en classe, pas envie de travailler, un trop plein d’énergie à un moment d’apprentissage, mon instinct a parlé. J’ai mis de la musique, du Imagine Dragons ("Believer"), avec les paroles en fond. 

Pendant le temps de la chanson, ils ont dansé, baragouiné les paroles, ri, se sont défoulés. Je leur ai ensuite laissé une minute supplémentaire pour redescendre un peu, et on a pu reprendre les apprentissages. 

Quand je sens qu’ils ne sont pas disponibles dans cette configuration, j’active le bouton “musique”. À partir de là, je choisis danse et/ou chant. La sélection de la musique va être intéressante : elle doit permettre un moment de défoulement tout en restant contrôlable et ne pas les vider d’énergie non plus. 

La grande majorité du temps, ça marche. Ils se sont défoulés, ils sont contents d’avoir été compris, ils ont eu un temps pour échanger et retourner à leur place. Le cours reprend de manière bien plus efficace !

Quand faire cette pause active ?

Cette pause est à utiliser quand l’énergie des élèves est trop élevée pour pouvoir se concentrer. Des études démontrent que ces moments ont souvent lieu en fin de matinée, juste après les récréations et au retour de la pause méridienne.

En lisant des études et en partageant avec des collègues, j’ai compris qu’ils avaient simplement un pic d’énergie à ce moment et que ça doit sortir pour pouvoir se concentrer. 

mes conseils pratiques

  • Préparer un stock de musiques (playlist sur téléphone, sur Youtube). Mes élèves apprécient beaucoup la chaîne Youtube de DJ Raphi. Ce sont des morceaux en anglais adaptées à leur âge, ils en profitent pour apprendre des nouveaux mots de vocabulaire, c’est tout bénéfique !
  • Identifier les moments où les apprentissages sont les plus compliqués. Je trouve qu’il est important de leur expliquer qu’on a compris leur besoin, ils se sentent en sécurité et en confiance ainsi. 
  • Définir les règles de retour au calme. En général, je lance un chrono sur mon téléphone et j’annonce : “Dans 1min30, tout le monde à sa place et on reprend ce qu’on étudiait avant”.

À lire aussi : 5 conseils pour transformer l'anglais en matière fun en élémentaire !

 

N°2 - Dessiner pour se concentrer

“Allez, sortez les cahiers de brouillon, je vous apprends à dessiner un truc”. 

On prend dix minutes de dessin, et après je retrouve mes élèves concentrés et réveillés. Après ces pauses, en général, j’ai des élèves souriants, fiers d’avoir créé quelque chose et bien plus concentrés.

Quand faire cette pause ?

Ici, on est du côté totalement opposé du point précédant. Quand les élèves sont trop mous, qu’ils sont endormis, qu’ils ne répondent pas, ne participent pas, qu'on a l’impression de parler à un banc de poissons plutôt qu’à des élèves en somme !

L’idée cette fois, va être de mettre en marche leur cerveau, de l’activer. Attention, on ne va pas les brusquer non plus, juste les aider à se remettre en mode “élèves” concentrés

Le dessin, et l’art en général, est un excellent booster du cerveau. Il va permettre de le réveiller et de se concentrer pour être plus disponible après.

mes conseils pratiques

  • J’identifie les moments où mes élèves sont tout mous. Quand j’ai lancé cette activité la première fois, certains élèves étaient réticents, se disant trop nuls en dessins. J’ai moi-même deux mains gauches, donc je suis allée vers eux et j’ai fait l’activité avec eux. S’ils restent fermés à l’activité, je ne force pas. Ils peuvent prendre un livre en attendant. 
  • Je cherche des vidéos de dessins ou je m’entraine pour leur expliquer un dessin. Il y a une chaîne Youtube que j’apprécie pour cela, c’est Art for kids. Il s’agit d’un illustrateur anglophone qui fait des dessins pas à pas avec ses enfants. Il sort de nombreuses vidéos selon les saisons, et explique bien ce qu’il fait. Je laisse la vidéo en anglais bien sûr, et j’active les sous-titres, en anglais également. 
  • Je fixe les règles pour ces moments d’évasion. Une fois la vidéo terminée, je leur laisse à nouveau 1min30 pour montrer les réalisations aux autres élèves et échanger. Ils regagnent ensuite leur place et on reprend le cours.

N°3 - Se perfectionner en tracing maps

Le tracing map  peut se définir comme une série de mouvements doux avec un stylo, en musique. En gros, je lance une vidéo Youtube (A different musician a ma préférence), la musique se lance et des lignes à suivre avec le stylo s’affichent à l’écran. 

Les élèves doivent se concentrer pour tracer les lignes virtuellement, dans l’air, en levant leur stylo tel un sorcier lançant un sort, en rythme. C’est un peu comme un karaoké avec un stylo !

Ce que j’ai remarqué depuis que j’ai commencé le tracing map, c’est qu’après la vidéo, j’ai des élèves concentrés. Ils doivent être précis pour effectuer les mouvements coordonnés. C’est un très bon exercice pour travailler la motricité fine. 

Ça demande de la concentration et de la précision donc, et tous les élèves s’y retrouvent. Mes élèves ayant des soucis de coordination progressent au fil des semaines. Avec ce bouton pause, les élèves se recentrent. Ils mobilisent leur attention sur une action et sont ensuite prêts à apprendre. 

Quand faire cette pause ?

J’aime beaucoup faire des lectures offertes en début d’après-midi. En ce moment, on lit Harry Potter. Pendant ce temps, les élèves peuvent dessiner ou simplement écouter en se reposant. 

La transition entre la fin de la lecture et la remise au travail a souvent été compliquée. Maintenant, quand je ferme le livre, ils lèvent leur baguette (ils prennent un stylo) et on s’y met ! 

mes conseils pratiques

Le petit plus : découvrir des musiques classiques. La chaîne que j’ai proposé utilise des musiques de Bach, de Chopin, de Vivaldi. Quel plaisir d’entendre mes élèves me dire “On peut remettre Vivaldi, c’est trop cool !”…

 

On peut enchainer avec une séance d’histoire des arts par exemple, pour approfondir l’écoute que l’on vient de faire.

N°4 - Mettre en place des APQ

Un jour, mes élèves étaient excités, on n’arrivait à rien… J’ai lancé :

"On va dehors, on fait un jeu et on revient."

 Ça a été radical ! L’APQ, ce n’est pas une séance de sport à préparer. C’est ce qui m’embêtait au début, ce problème du “on m’en demande encore plus”. En utilisant les APQ comme pause active, on mêle l’utile à l’agréable. 

Quand faire cette pause ?

Ce bouton, je l’enclenche de la même manière que la danse. Les élèves ont besoin de bouger, ils ne sont pas concentrés, on vient de faire une évaluation et ils ont besoin de changer d’air.

des idées d'activités

Pour les APQ en intérieur, on peut faire :

  • des petits jeux de rythme (avec un gobelet ou de la percussion corporelle) ;
  • des mimes ;
  • des postures de yoga ;
  • des petits défis coopératifs :  j’invente les règles et je donne des contraintes aléatoires, comme "dans 2 minutes, seuls 4 enfants seront debouts, 2 garçons et 2 filles, vous n’avez pas le droit de parler pendant la durée du chronomètre".


Les élèves vont devoir coopérer, se concentrer, être attentif et bouger sans s’en rendre compte. J’apprécie beaucoup ces défis coopératifs, les élèves sont obligés de s’organiser sans utiliser la parole, tout réussir un objectif commun. 

 

Pour les APQ à l’extérieur, on va pouvoir partir sur plein d’idées simples : 

  • une balle au prisonnier ;
  • un poule-renard-vipère ;
  • le chef d’orchestre ;
  • 1-2-3 soleil ;
  • ou juste du lancer de balle. 

Ici, on ne cherche ni la performance ni le dépassement de soi. On cherche juste à bouger et à évacuer les tensions, sans trop de préparation ni de matériel. 

 

La liste complète des activités est à retrouver ici !

N°5 - Organiser un festival de blagues !

Tout a commencé un matin d’hiver, où mes élèves étaient dissipés, prêts à tout sauf à travailler. J’essayais d’avoir leur attention, en vain. Je ne saurais pas expliquer comment en suis venue à cette idée, mais d’un coup, je leur dis :

"Banane, ça commence par un B mais normalement ça commence avec un N."* 

Là, stupeur dans la classe. Plus de bavardages, des questions dans tous les sens. 

"Je vous donne l’explication à la fin de la journée si ça se passe bien."

Depuis, on enchaîne les blagues et les devinettes ! Maintenant, la règle est “si je connais la réponse à l’énigme, je ne dis rien tout haut. Je vais le chuchoter à l’oreille de la maîtresse et je deviens son complice”. Au fil de la journée, j’ai de plus en plus de complices et ils adorent. 

* Le mot “banane” commence par la lettre B, alors que le mot “normalement” commence par la lettre N. Ca marche avec tout “Classe ça commence par un C, normalement ça commence par un N”.

Quand faire cette pause ?

Quand je vois qu’ils bavardent beaucoup, qu’ils ne veulent pas se mettre au travail, que quoi que je dise, ça leur passe au-dessus…  Ils s’attendent à ce qu’on s’énerve, qu’on menace, qu’on soit désespéré… Et non, on sort une blague !

Ce bouton pause est un peu magique, je l’utilise occasionnellement, parce qu’il perdrait de sa magie au quotidien je pense. Le peu de fois où je l’ai utilisé, j’ai passé une excellente journée !

mes conseils pratiques

  • Je demande à l'assistant IA d'ÊtrePROF une série d’énigmes adaptées à mon niveau de classe.
  • J’en apprends 2 pour pouvoir la lancer à n’importe quel moment.
  • Je cadre la manière de répondre pour laisser la magie opérer toute la journée. Le secret de la longévité : si j’estime qu’ils sont trop bruyants ou trop dissipés, je ne donne la réponse que le lendemain…

En lisant cet article, on peut se dire que c’est bien beau, de la poudre aux yeux. Je le pensais aussi avant de tenter les pauses actives. Je ne pensais pas qu’en faisant bouger les enfants, ils seraient plus calmes après. Des fois, on enclenche le mauvais bouton aussi. Ça arrive, et ce n’est pas grave. 

En prenant l’habitude d’appuyer sur les boutons “pause”, on parvient à ajuster sa posture. Ce bouton est bénéfique pour les enfants, mais pour nous aussi. Il permet de ne pas s’énerver et de craquer parce qu’ils sont intenables. 

Souvent, je fais les pauses avec mes élèves, ça me permet de passer un moment privilégié avec eux. Ça joue sur le climat de classe et donc sur l’efficacité de ces pauses. 

Alors, on danse ou on dessine ? 

 

Marion Blanc-Catherinet, prof en cycle 3 bilingue, team projets fous & inclusion totale

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