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Monsieur Z - Au secours, je suis malade !

Cycle 1 à Lycée3 min
Monsieur Z
Monsieur ZProfesseur de Lettres/Histoire-Géo en lycée professionnel

Zut. Il fait chaud. Mais il fait plus froid le matin. Un peu plus. Vous parlez. Bien trop toute la journée alors que pendant deux mois vous étiez sur 1 000 mots / semaine facile. En plus des grognements. 

Et puis vous criez. À nouveau. Vous vous répétez. À NOUVEAU :

“Rangez vos iPhone !” 

Vous finissez aphone. 

Exsangue le soir. Vous vous couchez à 20 h. C’est déjà si tard ? Avec une de ces migraines qui tabassent.

C’est la rentrée. Ça y est. Et vous êtes malade…

Au bout de dix jours. Ressenti 94. Vous avez déjà vidé vos cartouches énergétiques emmagasinées durant l’été.

Impossible de s’arrêter. Un peu comme au début d’un tour de manège vous vous devez de vous accrocher. Vous résistez donc. Et ça donne quoi ? Les anciens élèves vous regardent et vous trouvent changé…

“Monsieur vous avez trop bonne mine !”

Alors que vous avez dormi 12 h. Ressenti 2. Et que vous avez juste perdu 7,4 kilos en deux semaines à cause de problèmes intestinaux tenaces.

Pour les nouveaux par contre. C’est un voile de mystère qui flotte sur vous. Une étrangeté qui peut rendre perplexe.


“Le prof qu’on a, il est là, mais des fois il semble pas là.”

“T’as vu il prend souvent des cachets, il doit être bipolaire ou paranoyak, meskin lui.”

“Il est gentil ça se voit il est en souffrance.”

SANS OUBLIER : 

“Pourquoi il vient si il est malade ma foi ?”

Pour essayer. On est en septembre, quoi. 

Et puis demain on distribue les tablettes, on fait la charte avec les 3e B2. Et y a la sortie d’intégration dans le parcours accrobranche où vous devez aller car vous l’avez organisée. Cette p****n de sortie. Pendant 2 semaines en juin. Alors oui même si vous devez la faire sur un brancard vous y serez. 

ET ILS VONT S'INTÉGRER CES PETITS SECONDES ! 

Gavé de cachetons et le regard hagard. Vous errez donc dans les couloirs. Attendant patiemment cette oasis méridienne ; cette sacro sainte pause déjeuner où vous allez ; comme un éléphant cherchant à mourir, vous affaler entre deux bureaux accolés. Quelques instants de fiévreuses respirations. Des yeux qui se ferment. Quelques minutes. 

Avant d’être brusquement réveillé au chant du coq. Pardon. Moins rural. Du texto de votre collègue vous demandant si on fait toujours la réunion ce soir de 16 h à 17 h sur la progression commune en mode spiralaire pour le socle commun de compétences des 4e…

“Mais Paulette je ne suis même pas sûr d’être ENCORE de ce monde à 16 h ??” 

Réponse de Paulette : 

“Ah mais toi aussi tu attends quoi pour t’arrêter  !”

Trop fatigué pour lui expliquer la métaphore du manège. De toute manière. Et puis des fois, entre deux quintes et trois RGO. Une lumière. Deux. Puis une constellation.

Une classe qui, dans une empathie pédagogique immense, décide de répondre à vos questions, même si vous les susurrez. 

“Franchement il était trop bien ce cours !” “J’ai tout compris c’était harrrr de clair.” 

Comme quoi réfléchir à une séance dans un semi coma médicamenteux. Ça peut porter ses fruits. Vous connaissiez les paradis artificiels qui ont séduit Baudelaire ? Bah c’est tout pareil, avec une trace écrite à la fin.

Et de cette douce satisfaction, comme un onguent thérapeutique…

Les douleurs s’apaisent. Le sol se fait plus stable. La salive. Moins amère. Et vous esquissez un sourire.

C’est peut-être pour ça qu’il fallait être là ce jour.

Et c’est ça que vous vous répéterez demain. Pestant à 06 h 00 du matin de vous lever alors que vraiment. Vous avez envie de crever.

Allez courage. Dans 5 jours c’est le week-end. Et ça va être sympa, cette sortie dans les arbres !

 

Monsieur Z., prof de lycée pro quelque part en France, dont l'humour sévit sur Facebook et sur Instagram. Retrouvez toutes ses chroniques ici !