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L'impact des croyances sur l'intelligence chez les élèves

Cycle 12 min
Julia Barré
Julia Barré

Les croyances sont déterminées par les expériences que nous faisons et la façon dont nous les interprétons. Ainsi, elles diffèrent d’une personne à l’autre en fonction de son vécu, son environnement ou encore sa culture.  

Cela est vrai pour une multitude de sujets, même les controverses pour lesquelles la connaissance scientifique semble avoir tranché. Prenons l’exemple des terre-platistes qui, malgré les images satellites de la terre, refusent de croire qu’elle est ronde.

Intelligence fixe ou malléable ?

Il en va de même au sujet de la malléabilité de l’intelligence, sur lequel les scientifiques s’accordent mais les croyances divergent. Cependant, les croyances que les personnes ont sur l’intelligence, à la différence de celles sur la forme de la terre, peuvent avoir des conséquences négatives sur leur fonctionnement et notamment dans le cadre de la scolarité.  

En effet, deux élèves qui ont des croyances opposées sur l’intelligence vont également s’opposer sur les raisons pour lesquelles ils apprennent, sur la valeur qu'ils accordent à l'effort ainsi que leur persévérance et leurs performances scolaires lorsqu’ils sont confrontés à la difficulté.  

Pourquoi les élèves les plus à risques sont les plus touchés par ces effets ?

Les élèves à risque de décrochage sont davantage concernés par l'effet délétère de la croyance en une intelligence fixe sur la réussite scolaire car beaucoup expérimentent la difficulté scolaire.  

Pour les élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés se rajoute à cela l'effet de stéréotypes. En effet, ces derniers peuvent craindre de confirmer le stéréotype négatif associé à leur groupe, ou d’être jugés conformément à ce stéréotype (en l'occurrence la limitation intellectuelle et paresse). En ce sens les situations scolaires sont perçues comme menaçantes. Ce sentiment de menace entraîne du stress et des émotions négatives qui affectent le fonctionnement cognitif et par conséquent les performances intellectuelles.  

qui sont les élèves à risques ?

Il existe des catégories d’élèves plus à risque qui sont symptomatiques des inégalités de réussite en France :  

  • Les élèves qui expérimentent dans leur parcours la difficulté scolaire. Les caractéristiques scolaires des élèves (performances scolaires et redoublement) sont identifiées dans la littérature scientifique comme étant les prédicteurs les plus puissants d’un décrochage secondaire, et ce d’autant plus que les difficultés scolaires rencontrées par les élèves sont précoces.  
  • Les élèves issus de milieu socio-économiques défavorisés. Les derniers résultats de l’étude PISA montrent que la France est l’un des pays où les différences de performances selon le niveau socio-économique sont les plus marquées (OCDE, 2019).  

Quels liens décrochage scolaire et croyances erronées sur l’intelligence ?  

Le décrochage scolaire est un processus qui a conduit un jeune âgé de 18 à 24 ans à sortir du système scolaire sans diplôme, ou avec tout au plus, le diplôme national du brevet, sans qu’il n’ait suivi de formation au cours du mois passé. En France, environ 450 000 jeunes, âgés de 18 à 24 ans (9% de la cohorte) sont des décrocheurs (Depp-Insee).  

Cependant, tous les futurs décrocheurs ne sont pas identifiables à travers ces catégories. Parmi eux, des décrocheurs dits “discrets” s’apparentent en tout point aux élèves diplômés avec un rendement scolaire moyen légèrement supérieur à la note de passage.

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